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Le Projet de Réforme
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QUE POURRIONS-NOUS CHANGER CONCRETEMENT DANS NOTRE PRATIQUE PROFESSIONNELLE POUR DONNER UNE CHANCE A L’ASTROLOGIE DE REJOINDRE LES SCIENCES HUMAINES ?

1) Changer notre appellation

Astrologue ? Le nom est galvaudé, utilisé par tous les voyants, et associé systématiquement à la prévision de l’avenir. Nous devons l’abandonner. Ma suggestion : « Praticien de l’astrologie » (faire un dépôt INPI).


Evoque un coté sérieux. Permet la différenciation. Contient certes le mot astrologie, mais identifie une nouvelle profession qui fait référence à un savoir connu. Les autres appellations (comme « cosmopsychologue » ou bien encore « astropsychologue ») entretiennent la confusion.

2) Modifier notre présentation


Préciser Formateur-Consultant ou seulement Consultant.


Faire référence à un label commun. Ma suggestion : « Agréé FDAF ». Même si le grand public ne sait pas ce qu’est la FDAF, ça sécurise un peu comme « Architecte DPLG ».


Mettre en exergue trois ou quatre fonctions spécifiques. Exemple : Bilan de personnalité, orientation, aide à la décision, soutien psychologique, accompagnement situation crises, etc…


Eviter l’excès d’information. Eviter aussi le mélange avec d’autres activités, comme la tarologie, la numérologie, etc …

3) Mieux définir notre offre de services


Etre le plus clair possible. Ne pas employer de termes techniques : révolutions solaires par exemple. Nos clients n’ont pas forcément besoin de savoir quel outil nous utilisons pour l’aider. Le chirurgien nous donne-t-il le nom des outils qu’il utilise pour son intervention ? Préciser plutôt la demande à laquelle on est susceptible de répondre : aide à la décision, aide à la résolution de problèmes interpersonnelles, etc …

4) Changer le mode opératoire de la consultation astrologique


La méthodologie en une seule séance est inacceptable au regard d’une vraie relation d’aide. La simple expression « faire un thème » (en une seule séance) traduit une neutralisation du consultant. C’est une grave erreur de faire comme s’il n’existait pas. La carte du ciel n’est pas une personne. La moindre étude de personnalité oblige à tenir compte de deux facteurs : l’inné et l’acquis. La carte donne des informations sur l’inné mais rien sur les acquis (à moins d’être ultra-fataliste). D’ou la nécessité d’un dialogue, d’une anamnèse (première séance). D’où l’obligation de faire un travail élaboré, structuré en deux ou trois séances. C’est un minimum. Cela réorganise complètement le protocole opératoire de l’astrologue.


Plus question d’envisager un travail en une seule séance (parler du passé, du présent et du futur). Il faut rompre avec cette habitude perverse. D’abord parce que la consultation sous cette forme dure souvent 2 ou 3 heures, ce qui est beaucoup trop long (ce monologue est un « bourrage de crâne »). Ensuite parce que ce mode opératoire donne un pouvoir excessif à l’astrologue (« celui qui dit ») et que la formule génère énormément de parasites : induction, transferts, manipulations, etc … Sans parler du coût (100 à 150 €) de cette consultation unique qui semble toujours exorbitant. Qui peut s’offrir le luxe d’une consultation unique à 150 Euros ? Trois séances à 30 ou 40 € sont plus faciles à faire accepter par le client. Ces modalités pratiques ont déjà été expérimentées. Elles peuvent aussi déboucher sur un accompagnement plus long (12 séances). Des stages d’initiation à une telle méthodologie pourraient être organisés par la FDAF.

5) Reléguer la prévision au second plan


C’est le problème le plus délicat. Tant que l’astrologie sera confondue avec la bonne aventure, la voyance et la cartomancie, elle n’aura aucune chance d’être acceptée dans le champ des sciences humaines. Cette relégation ne peut avoir de sens que si il y a, au sein de la FDAF, une réelle volonté d’intégration de l’astrologie dans le monde moderne. La question est : voulons-nous sortir l’astrologie de son ghetto ? Si oui, alors il faut procéder comme l’ont fait la physiognomonie et la graphologie en laissant tomber leur prétention divinatoire. Elles ont ainsi parfaitement réussi à s’intégrer dans l’espace social.


En 1938, Pierre Abraham évoquait déjà la question dans la très sérieuse Encyclopédie Française : « Si l’astrologie est restée occulte, c’est parce que, outre quelques motifs secondaires, elle n’a pas renoncé à ses prétentions divinatoires. Cette attitude la met hors du jeu, lui interdit toute liaison avec les sciences établies […] ». Avant lui, en 1628, le très célèbre Kepler dénonçait déjà les pratiques de l’époque : « Je dis cela afin d’enlever au natif l’illusion de croire que l’on peut lire dans le ciel les évènements particuliers. Certes on peut lire les évènements célestes mais pas les évènements terrestres. »

Serions-nous prêts, aujourd’hui en 2007, à tourner une page de l’histoire en coupant la branche prédictive de l’arbre astrologique pour redonner de la vivacité à notre discipline ? Cette opération chirurgicale effraie bon nombre d’entre nous et pourtant comment faire avancer l’astrologie sans cette amputation ? Comment peut-on, au XXème siècle, se permettre (au vu de l’examen d’une carte du ciel) de prévoir une réussite à un examen, un succès électoral ou un changement de travail sans prendre le risque d’être ridiculisé ?
Jouer avec l’astrologie de cette manière, c’est un peu se prendre pour le bon Dieu. Les configurations planétaires ne déterminent pas une fatalité. Il est donc tout à fait regrettable que des praticiens de l’astrologie continuent à entretenir ce doute. En tous cas, ceux qui ont signé le code de déontologie de la FDAF ne peuvent se fourvoyer sur ce genre de démonstrations. Cela doit être dit et souligné.

Ainsi pour reprendre un exemple plus concret : on peut dire si un candidat à l’élection présidentielle se trouve en « bonne condition » pour la période électorale sans préjuger pour autant de son succès. Ce sont les électeurs qui votent, oui ou non ?
Donner à l’astrologie une chance de participer au débat intellectuel contemporain suppose donc :
1) de proscrire tous les effets d’annonces dans la presse, dans les cabinets d’astrologie ;
2) de considérer que tout conseil d’ordre prévisionnel doit être abordé avec la plus grande prudence, si ce n’est pas réservé à quelques experts compétents.


La FDAF aurait sans doute intérêt à faire valoir cette « posture » nouvelle des astrologues auprès des journalistes. Ce serait une petite révolution. Si les astrologues ne prédisent plus l’avenir alors que font-ils ? Et bien là se situe le grand pari de la FDAF : une autre voie ?

Alain de Chivré
Président de la FDAF


Retrouvez tous les détails de ces propositions
dans le n°47 de la "Lettre Des Astrologues"
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